Trench Isla de Named Clothing : mon avis et mes conseils de couture

Le trench Isla de Named Clothing, c’est le genre de patron qu’on achète en se disant « un jour ». Puis un jour arrive, et on découvre qu’il faudra environ 70 heures pour en voir le bout. Spoiler : ça valait le coup. Dans cet article, je te raconte tout. Le choix des tissus, la taille, mes modifications, les étapes qui m’ont donné des sueurs froides et, bien sûr, mon avis honnête sur ce patron de trench.
Le patron du trench Isla en bref
Named Clothing est une marque finlandaise connue pour ses coupes modernes et ses patrons exigeants. Le trench Isla ne fait pas exception. C’est un trench droit et entièrement doublé, avec tous les détails du trench classique : col à patte et grands revers, cape (les fameux « volets » devant et dos), poches passepoilées, pattes de manches, ceinture et fente au dos. Le boutonnage est croisé, et l’ensemble est souligné de doubles surpiqûres.

| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Tailles | EUR 32 à 56 (US 0-24, UK 4-28) |
| Niveau | Master / avancé |
| Formats | PDF à imprimer (96 pages A4), copy-shop (5 feuilles A0), projecteur |
| Langue des instructions | Anglais |
| Marges de couture | Incluses |
| Fournitures | 2,55 m d'entoilage thermocollant, 12 grands boutons, 4 boutons moyens, épaulettes légères |
Le niveau « Master » n’est pas là pour faire joli. En revanche, si tu as déjà cousu une veste doublée, rien n’est insurmontable. Il faut surtout de la patience.
Quel tissu choisir pour coudre un trench ?
Named recommande un tissu de manteau de poids moyen, non extensible, comme une gabardine ou un sergé de coton. Pour la doublure, la marque conseille un satin glissant.
Le tissu extérieur : un sergé déperlant de chez Stragier
Pour l’extérieur, j’ai choisi le sergé déperlant coton-microfibres de Stragier. Et plutôt que de choisir une couleur, j’en ai pris trois. Mon trench Isla est un vrai color block :
- Camel pour le corps principal (buste devant et dos). Référence 0002 3175 chez Stragier
- Bordeaux pour les volets devant et dos, le col, la parementure devant, les bracelets de manches et les passants de ceinture. Référence 0002 3179 chez Stragier
- Noir pour les manches, la ceinture, les pattes de manches, le lien du cou et les passants du col. Référence 0002 3177 chez Stragier.

Côté métrage, j’ai commandé 2,50 m de camel, 1,50 m de bordeaux et 1 m de noir. Il ne me reste que 20 cm de camel sur toute la laize, et quelques petits bouts des deux autres couleurs. Autant dire que c’était calculé au plus juste ! Pas le droit à l’erreur…
Voici la fiche technique de ce sergé, identique pour les trois coloris :
- Composition : 55 % microfibres polyester, 45 % coton
- Poids : 200 g/m²
- Laize : 148 cm
- Certification : OEKO-TEX Standard 100
- Entretien : lavage à 30 °C, repassage à basse température, pas de sèche-linge ni de nettoyage à sec
C’est exactement le poids moyen demandé par le patron. De plus, le traitement déperlant est un vrai plus pour un trench. Après tout, c’est un imperméable : autant qu’il serve sous la pluie du Nord.
Attention à la laize, d’ailleurs. Le tableau de métrage de Named est calculé pour du 150 cm et pour une seule couleur. Avec 148 cm, prévois une petite marge. Et si tu pars sur un color block comme moi, refais ton plan de coupe couleur par couleur : chaque tissu ne porte qu’une partie des pièces, mais les chutes ne se partagent plus.
La doublure : satin pour les manches, carreaux pour le buste
J’ai doublé les manches avec un satin polyester. C’est le choix malin : le bras glisse tout seul quand on enfile le trench, même sur un pull.
Pour le buste, en revanche, j’ai craqué pour un tissu à carreaux qui rappelle furieusement une célèbre maison britannique. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié, je l’ai aussi utilisé à l’extérieur. On le retrouve sur le revers des bavolets devant et dos, sur le revers des poches passepoilées et sous le col. Résultat : un trench sobre de loin, et plein de petits clins d’œil de près.

Le fil Coats Astra : focus sur un fil de pro
Quand j’ai commandé mes tissus chez Stragier, j’ai coché l’option « ajouter une bobine de fil assorti ». Concrètement, ce sont les conseillers de Stragier qui choisissent le coloris le plus adapté au tissu. Pas besoin de comparer des nuances de noir sur un écran, donc.
Le fil envoyé est du Coats Astra. Coats est un fabricant de fil industriel, et Astra est l’une de ses références phares pour la confection. Voici ce qu’il faut retenir :
- 100 % polyester filé (on parle de polyester « staple spun » : des fibres courtes filées ensemble, ce qui donne un toucher proche du coton)
- Une couture régulière, avec peu de casses, ce qui est précieux sur des surpiqûres de plusieurs mètres
- Une bonne solidité des couleurs, donc des surpiqûres qui ne ternissent pas au lavage
- Certifié OEKO-TEX Standard 100, classe I, la classe la plus exigeante (articles pour bébés)
- Prévu pour les vestes, les vêtements de travail et les tissus tissés : pile le cahier des charges d’un trench
En somme, c’est un fil pensé pour l’industrie, mais il se comporte parfaitement sur une machine domestique. Sur ce projet, je n’ai eu aucun souci de casse ni de bouloches.
Choisir sa taille et adapter le patron du trench Isla
Ma taille et ma toile
J’ai cousu une taille 46 partout. Avant de couper dans le beau tissu, j’ai cependant fait une toile. Je voulais surtout vérifier les bras : la longueur des manches et l’aisance. Un trench se porte par-dessus un pull, et je n’avais aucune envie de ressembler à un saucisson ficelé.
Ma modification : élargir la manche avec la technique du pivot
La toile a confirmé mes doutes : la manche était un peu juste. J’ai donc élargi la manche de 1 cm grâce à la technique du pivot. Je l’explique pas à pas dans mon tuto agrandir une manche avec la technique du pivot.
Pour la longueur, en revanche, je n’ai rien touché. Le patron est conçu pour une stature de 1,71 m et je mesure 1,69 m. Tout tombait pile au bon endroit.

Les étapes clés de la couture du trench Isla
Soyons honnêtes : coudre un trench, c’est un marathon. J’ai arrêté de compter à 70 heures. Voici les étapes qui demandent le plus d’attention.
La découpe et l'entoilage : les étapes les plus longues
La découpe des pièces dans le tissu à carreaux m’a pris énormément de temps. Avec des carreaux, il faut faire les raccords, et chaque pièce se coupe à plat, en simple épaisseur. Enfin ça c’est la théorie. Car en pratique… c’est pas toujours vraie !
Ensuite vient l’entoilage. Le trench Isla compte beaucoup de petites zones à entoiler : pattes, revers, parementures, ourlets… C’est long et répétitif. Toutefois, c’est cette étape qui donne au trench sa tenue, alors on ne la bâcle pas. Oui j’ai soufflé. Beaucoup. Mais le rendu final en vaut largement la peine !
Les poches passepoilées à revers
Sans surprise, les poches passepoilées ont été l’un des passages délicats. Et c’est l’une des premières étapes. Autant dire qu’on est tout de suite mis dans le bain.
Avec le revers à carreaux en plus, il faut être précise au millimètre. Mon conseil : entoile bien la zone et fais un essai sur une chute avant de te lancer.

Le col : mon erreur (et comment l'éviter)
Je voulais jouer avec les tissus en mettant la doublure à carreaux sous le col. Malheureusement, je me suis trompée dans le placement des pièces. J’ai donc recousu mon col une deuxième fois.
Pour t’éviter la même mésaventure : avant d’assembler, pose toutes les pièces du col et du pied de col sur la table. Ensuite, marque l’endroit de chaque pièce à la craie, et vérifie deux fois quel tissu sera visible une fois le col retourné.


Les doubles surpiqûres
Les doubles surpiqûres font tout le chic du trench. Mon astuce : prendre son temps et réduire la longueur de point à l’approche des arrondis. Ainsi, la courbe reste régulière et les points ne « cassent » pas l’arrondi.
Petite organisation qui m’a sauvé des heures : j’ai cousu avec ma PFAFF Creative Elevate 680 et ma PFAFF Passport 2.0 en parallèle. Une machine, une couleur de fil. Par conséquent, je n’avais jamais à désenfiler et réenfiler en passant de l’extérieur à la doublure.



Les boutonnières : la sueur froide finale
Il y a douze grands boutons sur le trench Isla. 6 bouton sont décoratifs, et 6 sont fonctionnels. Autant dire qu’on n’a pas le droit de rater une boutonnière à la dernière étape.
J’ai donc fait de nombreux essais sur des chutes : tension, largeur, densité du point, et même plusieurs entoilages testés. Une fois les réglages validés, j’avais quand même un bon mal de ventre au moment de piquer dans le vrai trench. Finalement, tout s’est bien passé, et j’ai pu coudre mes boutons.
Côté boutons justement, j’ai déniché sur Vinted des boutons en jade noir à quatre trous. La seconde main, c’est parfait pour trouver des boutons qui ont du caractère.


Les instructions du patron : claires, mais en anglais
Les instructions du trench Isla sont en anglais. Elles sont très claires, tout comme les illustrations. Ce sont des schémas et non des photos. Par moments, cependant, on a du mal à distinguer l’endroit et l’envers du tissu sur les dessins. Dans ces cas-là, je te conseille de relire l’étape deux fois et d’épingler à blanc avant de coudre.
Mon avis sur le trench Isla : pour qui ?
Je recommande le trench Isla aux couturières confirmées qui ont déjà cousu une veste doublée. Si c’est ton premier manteau, commence plutôt par un modèle plus simple, puis reviens vers Isla. Il t’attendra.
Clarté des explications
. Schémas très clairs, mais endroit et envers parfois difficiles à distinguer. L’anglais est la seule langue disponible.
Coupe et ajustement
Longueur parfaite pour mes 1,69 m. J’ai élargie les manches de 1 cm pour plus de confort avec un pull.
Niveau de difficulté
Niveau Master mérité : col, poches passepoilées, boutonnières, doublure
Temps de réalisation
Environ 70 heures, entre découpe et entoilage.
Détails et finitions
Tous les détails d’un vrai trench classique
Rendu final
Un trench digne du prêt-à-porter haut de gamme
Le matériel que j'ai utilisé
Dans ma vidéo, on me voit utiliser plusieurs outils. Voici les liens si tu veux t’équiper.
Une roulette à patron pour reporter les pinces sur mon tissu
Du papier carbone de différentes couleurs
Un ouvre-boutonnière, plus sécurisé que le découd-vite ou les ciseaux !
De la colle anti-effilochage pour sécuriser les boutonnières
Un clapper en bois pour les coutures
Ma centrale vapeur de seconde main
FAQ : le trench Isla
Non. La créatricea le classe en niveau Master. Il vaut mieux avoir déjà cousu une veste doublée et des poches passepoilées avant de se lancer car il y a beaucoup de détails importants
En laize 150 cm, il faut entre 3,40 m et 4,25 m selon la taille pour un trench d’une seule couleur. Dans mon cas : pour une taille 46, comptez environ 5 m au total. J’ai utilisé 2,50 m de camel, 1,50 m de bordeaux et 1 m de noir. Si jamais vous prévoyez un tissu à carreaux ou à sens, il vous faudra plus de longueur.
Non, les instructions sont en anglais. Cela dit, elles sont très illustrées, ce qui facilite la compréhension.
Pour moi, environ 70 heures. La découpe, l’entoilage et les finitions représentent une grande partie de ce temps. Mais coudre un trench n’est pas une course ! Chacun prend son temps et va à son rythme. Le plus important est d’être fière de ce qu’on a cousu.
Oui ! Le patron est prévu pour une stature de 1,71 m. Si tu es plus petite ou plus grande, ajuste la longueur du corps et des manches sur les lignes prévues, puis vérifie sur une toile.
Et toi, tu te lances ?
Le trench Isla est un projet exigeant, mais c’est aussi l’un des vêtements dont je suis la plus fière. Si tu veux voir toutes les étapes en images, ma vidéo YouTube est juste au-dessus. Et si tu couds le tien, montre-le moi en commentaire ou sur Instagram !
D’ailleurs j’en profite pour rappeler que le défi #VesteEnFolie organisé par Raton et Panda est encore en cours pour quelques jours. Le concours se clôture le 8 novembre 2026. Donc vite vite, dépêchez-vous de poster vos plus belles photos sur instagram pour tenter de remporter l’un des magnifiques lots ! (plus d’informations en cliquant ici)

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