pose biais angle couture

Poser du biais dans un angle

Des points techniques

La pose du biais dans un angle est une chose qui peut parfois faire peur. Et je suis certaine que plusieurs fois, tu t’es dis « je vais faire un arrondi ! Je ne me prendrai pas la tête !« . Allez, avoue….

Eh bien ce temps est révolu ! Car je vais te montrer la technique in-fail-lible pour poser du biais dans un angle, et obtenir un résultat parfait, sur l’endroit et sur l’envers !

angle

Publicités
agrandir manche

Agrandir une manche : la technique du pivot

Des points techniques

Lorsque j’ai cousu mon premier top Rumer, j’ai coupé, comme d’hab’, une taille 42. Mais au moment de l’essayage (afin de vérifier que tout allait bien) eh bien, tout n’allait pas bien ! Impossible de passer mes bras ! Je ne comprends pas, j’ai bien mesuré sur le patron avant de couper… Aurais-je décalqué une mauvaise taille ?

Après vérification, le problème venait de moi : merci la salle de sport qui m’a fait prendre du biceps… La valeur de mon tour de bras était erronée. Il me fallait bien rajouter 2 cm de tour de bras pour pouvoir enfiler mon top. Oh rage ! Oh désespoir !….

Je découds donc les deux manches, et je renfile mon top, qui à ce moment ressemble plutôt à un marcel… Le buste tombe bien comme il faut, l’emmanchure est assez grande. Donc mon problème est : la manche est trop étroite.

Comment modifier la largeur d’une manche,
sans changer la taille de l’emmanchure ?

Merci internet, où plutôt merci Nancy ! Grâce à sa vidéo, j’ai appris comment modifier une manche pour les gens qui ont des bras plus larges que la référence. Mais puisque sa vidéo est en anglais, je me suis permise de prendre des photos lorsque j’ai fait mes propres modifications.

Tracés de base

Tout d’abord, il te faut peu de matériel :

  • le patron de la manche que tu veux modifier, avec la marge de couture prévue
  • une punaise, pour faire pivoter ton patron
  • du papier à patron
  • un support (comme un bout de carton) pour pouvoir planter la punaise dans autre chose que ta table à manger
  • des feutres
  • une règle
  • une équerre

Tu as tout ce qu’il faut ? C’est parti !

La technique consiste à augmenter la largeur de la manche, SANS augmenter la taille de l’emmanchure. Sinon, tu ne pourras pas coudre ta manche sur le buste.

Sur ton support, tu positionnes une feuille de papier (à patron, ou à dessin, ou de papier cuisson, bref : ce que tu utilises pour décalquer tes patrons d’habitude !), et par dessus, tu poses le patron de la manche que tu as découpé.

Tu viens piquer la punaise au niveau du repère de la tête de manche : ce sera notre point de pivot (sur la photo, la punaise est symbolisée par la croix noire).

Il va falloir faire plusieurs repères sur la feuille vierge :

  • je commence par tracer le bas de la manche : la grande ligne en pointillé bleu
  • de part et d’autres de ce bas de manche, je fais un repère de la moitié de la valeur que je souhaites ajouter. Moi, j’ai décidé d’augmenter ma largeur de manche de 3 cm. Donc j’ajoute 1,5 cm de chaque côté de mon bas de manche, sur la ligne bleue : les repères noirs.
  • je trace les deux parallèles à la ligne bleue et passant par les aisselles. Puis je place un repère dont la distance correspond à la moitié de la valeur que je souhaite ajouter. Toujours 1,5 cm donc.
  • Je finis en traçant la perpendiculaire au bas de manche, passant par ce repère : j’obtiens les lignes en pointillé rouge de chaque côte de la manche.

pivot_manche_traces

Pivoter à gauche

Maintenant que tous les tracés sont fait, j’augmente la partie gauche de ma manche. Je tiens la punaise d’une main, et de l’autre, je fais pivoter le patron de la manche, jusqu’à ce que la pointe de l’aisselle gauche, rencontre le tracé rouge (de gauche évidemment !)

pivot_manche_gauche

Sur la feuille de papier, je trace donc la première partie de l’emmanchure, allant de la pointe de l’aisselle gauche jusqu’à la tête de manche. Et il ne faut pas oublier les repères devant/dos au passage ! J’obtiens le tracé vert clair.

Pivoter à droite

Tu as compris le principe, non ? Et bien pour augmenter à droite, c’est pareil ! Je tiens la punaise d’une main, et de l’autre, je fais pivoter le patron de la manche, jusqu’à ce que la pointe de l’aisselle droite, rencontre le tracé rouge (de droite cette fois-ci !)

pivot_manche_droit.jpg

Sur la feuille de papier, je trace donc la seconde partie de l’emmanchure, allant de la pointe de l’aisselle droite jusqu’à la tête de manche. Et il ne faut pas oublier les repères devant/dos au passage ! J’obtiens le tracé vert foncé.

Fermer la manche

Maintenant, il ne te reste qu’à relier les extrémités des tracés verts, aux extrémités du bas des manches, que j’ai tracé au tout début (les repères noirs)

pivot_manche_final

En reliant les extrémités, j’obtiens les tracés roses de mon dessous de bras. Et j’ai ma nouvelle manche ! Puisqu’on a juste pivoté l’emmanchure, on n’a jamais modifié cette longueur. Il n’y aura donc aucun soucis pour coudre ! La seule dimension qu’on a modifié, c’est la largeur de bras.

Afin de vérifier si on a bien tracé, les deux traits roses doivent avoir la même longueur. Bien évidemment, ils sont plus grands que les tracés initiaux. Ce que je te conseille, c’est de raccourcir ces traits, afin que le vêtement tombe comme prévu d’origine. Moi c’est ce que j’ai fait : j’ai tracé une parallèle à la ligne bleue, afin que le dessous de bras (tracé rose) de ma manche modifiée soit égale au dessous de bras de la manche d’origine. Pour cela, il suffit simplement de mesurer le dessous de bras de la manche d’origine, et de reporter la longueur sur le trait rose, à partir de l’aisselle !

Et voilà ! Maintenant tu sais comment augmenter la largeur d’une manche sans toucher à l’emmanchure ! 🙂

Je pense que cette méthode est aussi valable pour diminuer la largeur d’une manche.
Il suffit juste de faire les repères vers l’intérieur de la forme,
plutôt que vers l’extérieur !

tuto espadrilles diy

Des espadrilles uniques {TUTO}

Mes tutos

Les espadrilles, c’est LA chaussure que tout le monde porte dans le sud-ouest. Les femmes, les hommes, les enfants : tout le monde porte ça aux pieds ! En ville, en bord de mer,  version compensée, ou classique, uni, bicolore ou bariolée… Il y en a pour tous les gouts !
Les espadrilles, je ne connaissais pas plus que ça avant d’arriver dans la région. Avant, je portais ça pour traîner à la maison tu vois. C’était mes pantoufles en fait.  Alors quand j’ai vu qu’ici, les gens portaient ça dans la rue, je me suis dit que j’allais me fondre dans la masse, car je n’aimais pas trop les tong. ça fait mal entre les orteils… alors que les espadrilles ne m’ont jamais faites souffrir !

Et puis la semaine dernière, ma copine Pivoine et Paprika a parlé dans sa story  Instagram, qu’elle  refaisait une paire d’espadrille après en avoir vu une paire en liberty ! Et là, j’ai repensé à la paire d’espadrille de Monsieur, qu’on avait tant galéré à trouver (et pour cause : il chausse du 49 !) et dont le tissu s’était déchiré (me demande pas pourquoi ni comment….)

Alors j’ai refait les siennes, et aussi les miennes ! Eheh

En plus d’être hyper personnalisable, c’est super économique : il faut à peine 25 cm de tissu pour les faire. Tu vois : de quoi assortir chacune des tenues que tu couds, avec une paire de chaussure (pour utiliser les chutes hein !)

Tu veux voir comment ? Viens, je te montre par ici !

Le matériel

Pour faire ses espadrilles il faut :

  • une paire d’espadrilles (ahahaha ! sans déc !). On en trouve des basiques, pas chère (moins de 10€) dans tous les supermarchés à cette période de l’année.
  • un tissu extérieur (mon tissu alabama chéri et le tissu bleu avec les papillons)
  • un tissu de doublure (une toile de coton blanc basique)
  • du papier à patron (ou ce que tu utilises habituellement pour relever les patrons)
  • du fil de coton (assorti à tes tissus tant qu’à faire)
  • une grosse aiguille. Le mieux, ça reste une aiguille courbe.

materiel_espadrille

Pour faire mes espadrilles, ça ressemble à ça !

La démarche

1 Je commence par défaire tous les points de festons sur les espadrilles que je souhaite refaire. J’ai alors mes semelles séparées des pièces de tissus. Pour chaque paire j’ai deux pièces de tissus : un devant et un talon.

2 Je repasse une pièce de chaque pour bien les mettre à plat. Je laisse les ourlets pliés, et je viens tracer un demi contour pour chacune des pièces, sur mon papier à patron.

3 J’utilise ensuite un pistolet (ou un perroquet?) pour tracer de beaux arrondis. Car le trait que j’ai tracé sur le papier en faisant le tour des pièces en tissus n’est pas très net.

patrons.jpg

4 Je trace une marge couture de 1cm tout autour (sauf sur le pli !) et je découpe mes 2 patrons.

5 Dans chaque tissu, je découpe 2 fois chacune des pièces. Dans le tissu extérieur j’ai donc 2 devants et 2 talons, et pareil dans la doublure. On n’oublie pas de mettre son patron au pli du tissu pour avoir la pièce complète !

decoupes.jpg

6 Je couds un devant en tissu extérieur avec un devant dans la doublure, en positionnant les tissus endroit contre endroit. Je laisse un espace ouvert, pour pouvoir tout retourner, une fois les arrondis crantés.

cranter.jpg

Une fois retourné, voilà ce que j’ai obtenu !
Tu vois d’ailleurs, qu’on peut insérer un passepoil  pour décorer !

piecesfinies.jpg

7 Maintenant, je positionne les deux parties sur la semelle, et je maintiens le tout avec des épingles. Avec environ 1 épingle tous les centimètres, mon travail ressemble à une poupée Vaudou !

positionnement.jpg

8 L’avant dernière étape consiste à venir coudre au point de feston, sur tout le tour de la chaussure ! C’est une étape plus ou moins longue. en fonction de l’espacement de ton point de feston, de la qualité de ton aiguille, mais aussi… de la taille de ta chaussure ! Monsieur chaussant du 49 j’ai mis tout un après-midi à coudre les 2 espadrilles. Tandis que pour les miennes (du 38 pour info) en 1h30 c’était plié !

9 Et pour finir, il ne te reste plus qu’à enfiler tes espadrilles et à fixer les bords de la partie « talon » sur l’intérieur de la partie « devant ». Pour ça, j’ai enfiler mes espadrilles, et j’ai mis deux épingles à nourrice pour maintenir en place (attention de ne pas se piquer !) et j’ai fait des petits points à la main ! (j’ai retiré mes pieds des espadrilles quand même.. c’est plus pratique pour coudre)

 

Et voilà, il n’y a plus qu’à aller crâner avec ses nouvelles espadrilles
personnalisées et uniques !

pairerose

pairebleue

J’ai ajouté un petit détail sur les miennes, pour pas qu’on me les pique :

etiquette.jpg

Enfin je ne l’ai mis que sur la chaussure droite…
donc on peut toujours me voler la gauche….

 

 

imaginer son vêtement

Comment associer un tissu avec un dessin technique ? {TUTO}

debuter en couture

Je suis quelqu’un qui a beaucoup d’idées, mais qui est rarement peu sûr d’elle pour ce qui est d’associer des tissus avec un patron. J’admire les filles sur instagram qui sont capables dessiner ou de croquer en quelques minutes, le dessin de leur vêtement. Couleurs comprises. Et de voir si le rendu attendu est au rendez-vous.

Mais moi, voilà, je ne sais pas dessiner… Alors plutôt que de prendre des cours, je me suis tournée vers l’informatique. Car je sais utiliser un logiciel qui peut me permettre de voir si des tissus vont bien ensemble, ou pas ! Il s’agit du logiciel Inkscape.
La première fois que je l’ai utilisé (enfin la première fois que je te l’ai montré ahah !) c’était pour faire la gigoteuse de mon kit de naissance. Je ne savais pas dans quel ordre mettre mes différents tissus, alors j’avais demandé de l’aide sur Instagram !

 


Depuis, j’ai fait pleins d’autres dessins pour m’aider… Le dernier en date, c’est un hybride de patrons de chez Deer and Doe. J’ai nommé… la Belladaurée :

belladaurée.png

 

Eh oui ! C’est bien le haut de la Belladone, avec le bas asymétrique de la Centaurée.

J’ai posté sur le groupe facebook de Deer and Doe, un message afin de savoir si c’était faisable… Et là, j’ai reçu pleins de messages bienveillant concernant cette association, mais aussi me demandant comment faire ces dessins !

J’ai donc décidé de faire un tuto afin que tout le monde en ayant l’envie, soit en mesure de le faire !

Pour que ce soit plus facile à suivre, j’ai décidé de le faire sous format pdf. Tu n’as qu’à cliquer sur le lien suivant pour télécharger les explications :

TutoInkscape_AssocierTissuDessinTechnique

 

Pour télécharger le logiciel sous windows, c’est ici :

https://inkscape.org/fr/release/0.92.3/platforms/

Attention de choisir la bonne version de windows (32 ou 64 bits) et de prendre le fichier « .exe »

Et si tu travailles sous mac, il faut télécharger une ancienne version, mais tout est  là :

https://inkscape.org/fr/telecharger_obsolete/mac-os-x/

 

Et surtout, n’hésites pas à me taguer sur Instagram, dans tes billets de blog
ou a me laisser un message en commentaire si tu utilises mon tuto ! 

 

 

 

tuto biais diy

Faire son propre biais

Mes tutos

Dans mon article sur la jupe Chardon, je t’ai dit que j’avais fait mon propre biais toute seule. Et je me suis dis que ça pourrait être sympa de te montrer comment j’avais fait. Mais surtout : comment j’avais calculé ! Faire 14 km de biais c’est cool. Mais savoir faire la bonne quantité, c’est quand même beaucoup mieux !

Le biais, kézako ?

Le biais, c’est un morceau de tissu que l’on a coupé dans… le biais du tissu ! Alors avec ça, t’en sais beaucoup plus…. Si tu as lu mon article sur le tissage, tu sais déjà qu’un tissu est constitué de fils de chaîne et de fils de trame. Et si tu ne l’avais pas lu, beh maintenant tu le sais !

biais_schéma

Eh bien pour faire du biais, la bande de tissu est coupée en formant un angle de 45°. (Par rapport à la trame, ou par rapport à la lisière, peu importe : on obtiendra la même chose).
Pourquoi est ce qu’on viendrait couper une bande dans la diagonale du tissu ? Tout simplement car c’est là où le tissu est le plus extensible. Ainsi, pour poser du biais dans des arrondis, se sera beaucoup plus simple ! Et si tu ne me crois pas, je te propose de faire le test suivant :

  • étire ton tissu dans le sens de la trame
  • étire ton tissu dans le sens de la lisière
  • étire ton tissu dans le sens du biais

Tu ressentiras que ton tissu est plus extensible dans le sens du biais !

Calculer son biais

Bon c’est pas tout, mais comment on fait pour couper son biais ? On va pas couper 36 000 bandes qu’on va assembler quand même ?! Beh non ! Il va juste nous falloir couper un carré. Mais pour savoir les dimensions de ce carré, il te faut 2 informations :

  • la largeur de ton biais
  • la longueur de ton biais

Pour la largeur de ton biais, tout dépend de ton appareil à biais. Moi je n’en ai qu’un, donc je ne peux faire qu’une seule largeur de biais : 12,5 mm. Mais il existe d’autres largeur de biais. Regarde sur ton appareil, c’est écrit ! Il faut retenir que la largeur indiquée est souvent la largeur du biais plié. C’est à dire tel qu’il apparaîtra lorsque tu l’auras cousu. Il faudra donc penser à multiplier par 4 cette largeur.

Pour la longueur de ton biais, là c’est hyper simple : ça dépend du métrage dont tu as besoin pour ton ouvrage. C’est écrit dans ton patron, au niveau des fournitures !

Dans mon cas :

  • ma largeur : 12,5 mm x 4 = 50 mm soit 5 cm
  • ma longueur : 2 m soit 200 cm

Maintenant on va déterminer le carré nécessaire à l’obtention de 2 mètres de biais d’une largeur de 5 cm.

Pour ça, il suffit de multiplier la longueur par la largeur : 200 cm x 5 cm = 1 000 cm2. Il te faut découper un carré dont la surface est de 1 000 cm2. Pour avoir le côté du carré à tracer, il te suffit d’extraire la racine de cette valeur.

Soit : √(1000) = 31,62… cm

Donc pour obtenir 2m de biais d’une largeur (à plat!) de 5 cm, il faut utiliser un carré de 32 cm environ. J’avais une chute qui me permettait de faire un carré de 35 cm, alors je l’ai utilisé à fond !

Pour faire simplement, note dans un coin de ton atelier la formule suivante :

côté du carré = √(longueur du biais nécessaire X largeur de mon biais à plat)

C’est pas tout d’avoir calculé… Maintenant il faut se mettre au boulot !

Faire son biais

Alors on va commencer doucement en traçant le carré sur l’envers de notre tissu, et on va tracer la diagonale de notre carré.

tracé_carré.jpg

Sisi c’est bien un carré. C’est mon angle de prise de vue qui n’était pas optimal…

On vient ensuite couper sur cette diagonale

triangle.jpg

… et coudre nos deux triangles endroit contre endroit.

couture_biais_1.jpg

Il faut superposer deux petits côtés 😉

On ouvre la couture en repassant. On n’hésite pas à passer plusieurs fois, sur l’endroit et sur l’envers, pour que ça ne bouge pas. Car on va venir faire des tracés ensuite.

couture_fer.jpg

Et maintenant, on vient simplement tracer notre futur biais à plat : donc on va faire des traits espacés de la largeur du biais : 5cm ! Les traits doivent se faire parallèlement à la diagonale du carré ! Eh oui, sinon on n’aura pas un biais…

regle_biais.jpg

Moi j’utilise une règle a patchwork. C’est plus facile pour tracer des grandes longueur à équidistances les unes des autres !

regle_biais_2.jpg

Bon maintenant, c’est la partie hyper relou de la fabrication de son biais : il faut former un tube. Jusque là ça va. Mais il faut décaler d’une bande ! Tout en alignant les traits que l’on a tracé !!

tube_biais

Oui tu vois, dis comme ça, ça parait simple. Sauf qu’en vrai, c’est beaucoup moins marrant….

Malheureusement, je n’ai pas de technique miracle… Alors il va falloir prendre son mal en patience et épingler minutieusement. Une fois que t’as bien galéré à assembler correctement ton tissu, et que tu as cousu ton tube, il faut couper sur les traits que tu as tracé ! C’est pour ça qu’il fallait bien placer le tissu lors de la formation du tube 😉

Et maintenant, l’étape du fer à repasser ! C’est là qu’il faut dégainer son appareil à biais pour le plier plus facilement :

fer_biais

Alors comme tu peux le voir, moi j’aime vivre dangereusement ! Donc j’ai mes doigts à 3 cm (à peine !) du fer à repasser, pour qu’il se place correctement en sortie de l’appareil avant de passer sous le fer ! Ma petite astuce c’est d’enrouler le biais sur lui même au fur et à mesure que je le repasse, pour qu’il prenne le pli.

Avec un peu de patience, on finit par repasser tout son biais et… tadaaaaaaam !

biais

Maintenant, tu peux utiliser ton propre biais sur tes créations ! Encolure, emmanchure, ourlet, intérieur de vêtement gansé, à toi de choisir comment tu veux utiliser ton biais !

J’espère que ce pas-à-pas t’auras aidé à faire ton propre biais !

 

 

 

Un chèche tout doux !

Les accessoires

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un des cadeaux que j’ai offert à Noël : un chèche !
Je suis honnête, et je dois vous avouer que je n’ai rien inventé. Car j’ai vu fleurir par-ci, par là plein de chèche sur la blogosphère couture. Avec ou sans pompons, avec ou sans croquet, avec une doublure ou entièrement moumouté etc etc

J’ai jeté mon dévolu sur deux tissus provenant de chez Diffus’Laine Tissus (oui oui, encore ! Mais en même temps, je kiff ce magasin ❤️ ). Je disais donc, j’ai choisi un coton très fluide et très léger avec de nombreux petits coeurs dessus, et un minky à pois assorti.

Pour réaliser le chèche, j’ai suivi le tuto, très bien expliqué d’ailleurs, de Pique et pique et colle et gramme. Avec sa technique, aucun déchet de tissu ! On optimise à fond sa laize disponible.

Avec un coupon de 110 x 50 cm, pas de pertes, à condition de couper comme ceci :

schema_1.png

Par contre ! Si tu utilises un tissu à motif comme moi, il faut avoir en tête que tu n’auras pas les motifs dans le même sens entre le centre et les pointes. Si on reprend le schéma précédent, les pointes sont coupées « à l’envers ». Comme on dit, des images valent mieux qu’un long discours :

cheche_2.png

Tu vois ? Les coeurs sur les pointes sont à l’envers de ceux du centre. Une fois nouée autour du cou, ça ne se voit pas du tout !

Petite technique perso : mon tissu à coeurs étant trop trop fluide (comme l’âne ? okay je sors…) , c’était une catastrophe à couper !  J’ai alors dégainé mon arme secrète… Tu veux la connaître 😏 ? Il s’agit d’un truc vieux comme le monde ! C’est la bombe d’amidon de Fabulon ! Fabulon c’est fabuleux disait la pub. Hey bah je confirme !

fabulon
Après une application du produit à la lettre, mon tissu fluide est devenu aussi rigide qu’un coton non décatit ! Parfait pour découper, assembler et coudre.

Pas de panique cependant, pour retrouver toute la fluidité de mon tissu, il m’a suffit de laver le chèche une fois l’ouvrage terminé ! 😉

En avant pour les photos !

cheche_1

Le minky à pois ! Si tu en utilises, surtout ne le repasses pas : tu perdrais le relief des pois. Ce serait dommage !

cheche_2

 

cheche_3

Je t’ai bien dit que j’allais en mettre dans toutes mes nouvelles cousettes  ! 🤗

Un portefeuille garde-ordonnance

Mes tutos

On ne va pas se mentir, les portefeuilles garde-ordonnances fournis par nos pharmacies, ne sont pas ce qu’il y a de plus jolis. Un peu comme le protège chéquier de nos banques quoi….

J’en avais un peu marre d’avoir ce portefeuille en plastique vert flashy dans mon sac, alors j’ai décidé de m’en faire un. Oui comme ça, sur un coup de tête !

Pour ce premier essai, j’ai fait simplement : j’ai mesuré la taille que faisais le mien, afin de le refaire à l’identique, mais en plus joli évidemment !

Et comme je suis sympa, tu pourras te faire le même à l’identique en suivant mon tuto ! Il faut que tu saches que fini, il ressemblera à ça, avec 3 volets :

mesures.png

La découpe des différentes parties

Toutes les dimensions que je vais te donner comprennent les marges de coutures, qui seront de 1cm. Alors tu n’as pas à te prendre la tête : tu découpes, et tu ne te poses pas de questions. Enfin si… Il faut que tu te questionnes sur quels tissus tu vas utiliser. Oui je sais c’est pas le plus facile…..

Pour l’extérieur :

  • un grand rectangle de 18 x 25,5 cm, on va l’appeler A. Pour moi, c’est le rectangle en liège
  • du biais, du ruban, du passepoil, d’autres tissus ou des appliqués si tu veux décorer l’extérieur

Pour l’intérieur :

  • un grand rectangle de 18 x 25,5 cm, on va l’appeler B. Pour moi, c’est le grand rectangle avec les ananas, pour le fond du portefeuille.
  • deux petits rectangles de 15 x 25,5 cm, on va les appeler C1 et C2.  Pour moi, ce sont les deux petits rectangle avec les ananas, pour le volet des ordonnances.
  • un petit rectangle de 9 x 25,5 cm, on va l’appeler D. Pour moi, c’est le cristal à paillettes, pour les volets de la carte vitale et de l’attestation de mutuelle !
  • environ 25 cm de passepoil
  • un peu de ruban adhésif de peintre, ou du masking tape. Tu comprendras en lisant

En avant pour la couture

1 Je commence par coudre mon passepoil sur le rectangle C1. Pour cela, je place mon passepoil le long du plus grand côté, de manière à ce que la couture se situe à 1cm du bord du tissu. Je couds avec mon pied spécial passepoil. Si tu n’en as pas, pas de panique ! Tu peux aussi utiliser celui pour la pose de fermeture standard.

passepoil1.png

2 Je positionne l’endroit du tissu C2 contre l’endroit du tissu C1, et je couds à 1cm du bord, toujours avec mon pied spécial passepoil, sur la couture que je viens juste de faire. Je repasse ensuite, et je retourne mon travail. Tadam ! Le premier volet est terminé ! Ohlala c’était trop dur….

passepoil2.png

3 Je viens mettre mon rectangle D (le cristal à paillettes !!!!!!) sur le bas du panneau C que l’on vient juste de coudre. Donc à l’opposé du passepoil. Il va falloir faire la couture permettant d’avoir les deux poches (pour la carte vitale et l’attestation de mutuelle). Mais je ne peux pas maintenir le tissu avec des épingles, sinon je vais faire des trous dans le cristal. Alors petite astuce : on pose un morceau de scotch ! Et pour pouvoir tracer la ligne de couture, j’utilise du scotch pour peinture, il permet d’écrire dessus sans peine. Donc, je positionne mon scotch a environ 7 cm du bord droit. Et a exactement 7,5 cm du bord droit, je trace un trait au stylo : c’est sur ce trait que je viens faire ma couture. Uniquement sur le papier cristal. Et ensuite, je retire le scotch.

coutureCristal.png

 

4 Je positionne maintenant l’ensemble de ce que je viens de coudre (le C passepoilé + le D) sur le rectangle B, comme ils doivent être à la fin. Et je viens faire une couture de maintien sur les 3 côtés, à 0,5 cm du bord. L’intérieur du protège ordonnance est maintenant terminé.

maintien.png

5 Si tu veux personnaliser l’extérieur de ton protège ordonnance, alors c’est à toi de jouer. Après il sera trop tard. Tu peux mettre un appliqué, former l’extérieur avec plusieurs tissus et du passepoil, etc. Garde juste en tête qu’il y aura 1 cm de marge couture tout autour. Moi j’ai simplement cousu une étiquette Couture & Paillettes.

ext.png

6 C’est bientôt terminé ! Il suffit maintenant de mettre l’endroit du panneau A contre l’endroit du panneau intérieur (celui que tu as fini à l’étape 4), et de faire une couture sur tout le tour, à 1cm. N’oublie pas de laisser une ouverture pour retourner ton travail à la fin ! Et si tu veux fermer ton protège ordonnance avec un lien à nouer, il faut que tu le place dans cette dernière couture.

ouverture.png

7 Et maintenant, je crante les coins et je dégarnis les coutures pour que les bords et les coins soient plus jolis une fois terminé.

coins.png

Je retourne ensuite mon travail par l’ouverture laissée ! Avant d’admirer mon joli protège ordonnance, je ferme l’ouverture par une couture à la main. Et pour lui donner la bonne forme, je n’hésite pas utiliser mon fer. Mais ATTENTION si tu as utilisé du simili ou comme moi, du papier cristal : ça fond ! Alors je place un tissu en coton entre la semelle du fer et le simili. J’y vais doucement avec la température du fer, et j’évite la vapeur (ça ramollit trop le cristal). Fais un test avant, c’est plus sûr 😉

Et voilà mon protège-ordonnance terminé, et rempli !

intFin.png

extFin

 

Merci de me laisser un petit commentaire, ou un lien vers ton blog si tu utilises mon patron !
Je serais ravie de voir vos créations !

 

 

 

 

Des chaussettes de Noël

Les accessoires

On connaît toutes et tous cette tradition qui est de suspendre une chaussette de Noël près de la cheminée. Et pour ceux qui n’ont pas de cheminée, ils mettent une paire de chaussons au pieds du sapin. En tout cas, moi, c’est ce que je faisais en étant petite 😉

Mais… tu sais d’où vient cette tradition ? Parce que moi, non. Alors j’ai fait quelques petites recherches…

Une très vieille histoire

L’histoire commence en Asie Mineure. Un enfant du nom de Nicolas, né en 280 après Jésus Christ à Pataras (et non patatras !)  en Lycie, fait partie d’une riche famille. Suite au décès de ses parents, le jeune noble décide de vouer sa vie ainsi que toute sa fortune aux plus démunis. Aider son prochain est la quête qu’il mène durant sa vie. Devenu prêtre chrétien, puis évêque de Myra, ce fervent disciple de Dieu s’occupe particulièrement des enfants en leur offrant de nombreux cadeaux. Il se fait rapidement appeler « Le donateur de cadeaux de Myra« . Sa réputation le précède et son nom résonne dans le pays tout entier ! Mais cette notoriété le dépasse… L’homme est discret et il n’a pas l’habitude d’attirer autant l’attention sur lui. Il préfère aider les autres lorsque la lune se lève, là où personne ne peut le reconnaître ou le voir dans la pénombre de la nuit. Ainsi, il donne aux enfants démunis des présents à la seule condition qu’ils soient endormis. Eh oui, il ne faudrait pas qu’il se fasse reconnaître !

Son identité préservée, Nicolas peut continuer ses bonnes actions ! L’Histoire raconte qu’un paysan perdit sa femme et se retrouva à la charge de ses trois filles. Travaillant durement dans les champs, ses filles se sont très vite occupées de toutes les taches domestiques du foyer.  Lorsque ses filles devinrent plus matures, le père fut désespéré de voir qu’il ne pourrait pas les marier avec un homme bien, car il n’était pas en mesure de payer les dotes…

Notre donateur de cadeaux de Myra eu vent de cette histoire et se dirigea une nuit chez le paysan. Une fois les filles endormies, il s’approcha de la fenêtre et vit des chaussettes à sa portée, que les filles faisaient sécher au coin de la cheminée. Il mit délicatement un sac d’or dans l’un des bas. Il revient la nuit suivante, pour en faire de même avec le deuxième bas. Le paysan heureux et surpris à la fois, décida d’attendre son bienfaiteur la troisième nuit. Nicolas arriva avec ce qui devait être la dote pour la troisième fille et lorsqu’il fut près de la maison le paysan le reconnu et se mis à genoux pour lui exprimer toute sa gratitude.

C’est donc de cette histoire que vient la légende de… Saint Nicolas ! Cette légende serait alors à l’origine de notre tradition des chaussettes de Noël suspendues à nos cheminées (ou au pied du sapin) : aujourd’hui encore nous avons pour coutume de déposer des chaussettes (ou des chaussons) en espérant qu’un homme viendrait y déposer de quoi nous rendre heureux.

Mes chaussettes de Noël 

Du coup, tu l’auras compris : j’ai cousu des chaussettes de Noël ! Mais pas toute seule, et pas pour n’importe qui. C’est avec ma copine Mélissa qu’on a décidé de coudre ces chaussettes, à l’attention de tous nos collègues de boulot. Oui on a décidé d’être généreuses cette année ! En même temps, nous ne sommes pas un très gros effectif, alors c’est dans nos cordes !   On a profité d’une journée shopping de tissus, pour se rendre chez Toto tissus, à Bordeaux. Et nous avons choisi ces 3 tissus de Noël  :

tissus.png

Concernant le patron, j’avais trouvé ce schéma sur Pinterest, mais sans rien d’autres. Pas de tuto, pas d’explication de montage, juste cette image…

6306e95963ccac84dbf5c9fc57d321af

J’ai alors refait le dessin sur Inkscape, car l’agrandissement rendait les lignes très floues. Autant te dire que pour la précision, on repassera…. 

Donc une fois mon dessin refait, et imprimé, on s’est mise à découper et à assembler !
On a décidé de doubler les chaussettes pour qu’elles soient plus jolies. Et en plus, comme ça, on pouvait mettre de la ouate de rembourrage dans la pointe, afin qu’elle se tienne bien comme il faut !

En avant les photos !

bottes

boutpointu

J’ai prise ces photos alors que je n’avais pas encore reçu les grelots. Depuis, nous avons offert les chaussettes ! Et oublié de prendre une photo de l’ensemble….

Mais j’ai quand même cette photo :

grelots

Et toi, tu as cousu des chaussettes de Noël aussi ???

Comment régler les tensions de sa surjeteuse?

debuter en couture

Hello toi !

Si tu as cliqué sur mon article, c’est que le thème de la surjeteuse t’intéresse, je me trompe ? Peut être viens-tu d’acheter une surjeteuse ? Ou alors, tu comptes la mettre sur ta liste pour le Père Noël ?

Je possède la mienne depuis quelques mois. Je n’ai donc pas un énorme recul sur l’utilisation de cette fabuleuse machine. Garde en tête que je ne suis pas une professionnelle, ce n’est que mon avis de couturière amatrice.

Néanmoins, je vais essayer de  répondre à tes questions !  Et notamment, je vais t’expliquer comment régler la tension des fils de ta surjeteuse, avec une méthode très simple. Avec çà, vous allez vite devenir les meilleures amies ! (je ne suis pas responsable de la jalousie que pourrait déclencher ta machine à coudre !)

Une surjeteuse, qu’est-ce que c’est ?

Une surjeteuse est une machine qui permet de couper le tissu, de le piquer mais aussi de le surfiler en un seul passage. Oui oui, en un seul !

La surjeteuse possède 4 fils : 2 boucleurs, et 2 aiguilles. C’est grâce à ça que l’on peut faire de belles finitions, embellir nos ouvrages et obtenir un travail digne d’un vêtement acheté en boutique !

La surjeteuse permet de coudre avec une grande facilité des tissus qui sont plutôt difficiles à coudre à la machine à coudre. C’est le cas de la maille par exemple (les jersey, les sweat, les pulls etc) ! Eh oui, ces tissus étant extensibles, la machine à coudre est impitoyable avec eux. Il est très difficile d’obtenir de jolies finitions, ou des coutures extensibles. La surjeteuse par contre, va coudre ces tissus avec une facilité déconcertante ! C’est presque… magique ! Le point de chaînette va réaliser des coutures extensibles, dignes du prêt à porter.

On dit qu’une surjeteuse peut réaliser 15 types de points différents. Mais en réalité, on peut les regrouper dans 3 catégories :

  • le surjet : à 3 ou 4 fils
  • le roulotté (ou ourlet roulé, c’est la même chose) : à 2 ou 3 fils
  • le flatlock : à 2, 3  ou 4 fils

Et c’est quoi la différence avec une machine à coudre ?

La machine à coudre réalise ce qu’on appelle des points noués, tandis que la surjeteuse réalise un point enveloppant : les fils des boucleurs entourent le bord du tissu, qui sont alors retenus par les fils des aiguilles (Merci à https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fcoutureandpaillettes%2Fposts%2F306175943202413&width=500 » target= »_blank » rel= »noopener »>Dominique pour m’avoir fait remarquer mon erreur !!). C’est la première différence. Mais il y a aussi 3 choses indispensables à savoir sur la surjeteuse :

  • Les griffes d’entrainement et le différentiel

La surjeteuse peut froncer le tissu ou le tendre en fonction de l’effet voulu, grâce aux griffes d’entraînement. Contrairement à la machine à coudre, la surjeteuse est capable d’imposer deux vitesses différentes à ses griffes : c’est le rôle du différentiel ! Ainsi, lorsque l’on souhaite froncer le tissu, la griffe avant va plus vite que celle de derrière. Et c’est l’inverse si l’on veut tendre le tissu !

  • Les couteaux

Une surjeteuse ne coud qu’au bord du tissu.  Elle dispose donc de deux couteaux. L’un supérieur qui est dit amovible, et l’autre inférieur, que l’on ne remarque quasiment jamais. C’est le couteau supérieur qui va se déplacer et venir couper le tissu avec la lame inférieure. Il est important de les garder en bon état, c’est pourquoi il faut éviter de coudre sur des épingles. Et au cas où ça t’arriverai, c’est pas grave hein ! Bon ça va faire un bruit désagréable, un claquement très sec. L’aiguille risque d’être tordue (ou pire : cassée et tu ne retrouveras qu’un bout) mais les ciseaux sont des pièces amovibles qui se changent ! Ouf !

DSCN1796

 

  • Les boucleurs

Les boucleurs de la surjeteuse sont les pièces inférieures qui permettent de former… des boucles (naaaaaan sans dec ?!). Je vais être honnête : il y en a un qui est plus difficile que l’autre à enfiler. Mais sur certaine machine, l’enfilage est simplifié grâce à des boucleurs amovibles qui s’avancent pour l’enfilage. Entre nous, c’est une question d’habitude. Il ne faut pas un bac+5 en couture pour l’enfiler. C’est l’histoire de 2 ou 3 fois, et puis après, tu le feras en moins de 2 minutes ! 

dscn1793.jpg

Et les points négatifs dans tout ça ?

Depuis le début, je te vante les mérites d’une surjeteuse, telle une présentatrice du téléachat sur nrj12. Mais il y a quelques ombres au tableau.

Tout d’abords, 4 fils signifie qu’il faut utiliser 4 bobines. Ton budget couture va en prendre un coup… Et je ne parle pas des petites bobines de 500 m de fils. Non non, je te parle des cônes de 4500 m. Alors si tu ne veux pas te ruiner en fils, je te conseille d’investir dans 4 bobines noires et 4 bobines blanches. Contrairement à la machine à coudre, tu n’a pas besoin d’utiliser des fils de la même couleur que le tissu. Généralement j’utilise 3 noires ou 3 blanches, et je mets du fil de la même couleur que mon tissu sur l’aiguille de gauche.

DSCN1800.JPG

La surjeteuse coupe et coud en même temps. Il ne faut donc pas se rater quand on surjette. Un morceau mal placé, et c’est plusieurs pièces qu’il faudra recouper ! De plus, une surjeteuse génère beaucoup de poussières à cause des couteaux… Il faut alors nettoyer méticuleusement la machine après chaque utilisation. Un petit pinceau, une bombe d’air comprimé ainsi qu’une burette d’huile doivent faire parti de ton petit matériel d’entretien.

Le prixoui, on va parler de la douloureuse… Autant on peut trouver une machine à coudre pour débuter, à moins de 100€. Pour une surjeteuse, les premiers prix sont de l’orde de 200€. Lorsque l’on débute, je suis consciente que c’est un budget conséquent. Que l’on préférerait acheter de jolis tissus et des patrons pour ce budget. Si la couture n’est qu’une activité occasionnelle, (si tu ne fais que tes rideaux tous les 3 ans par exemple)  je ne pense pas qu’il faut que tu investisses dedans (achète toi de jolis tissus pour tes rideaux plutôt !). Mais si tu aimes créer de jolis vêtements, pour toi, ta famille et faire plaisir à ton entourage, alors je te conseille de mettre de l’argent de côté pour avoir une surjeteuse.

Je ne suis malheureusement pas en mesure de te recommander un modèle plutôt qu’un autre. Je vais donc te dire quel est le modèle que je possède : il s’agit de la element by Pfaff 1230, vendu par Lidl, jusqu’à l’année dernière. Maintenant, ils sont passés au modèle 1450. J’ai trouvé ma machine sur le boncoin, pour 80€. Elle était quasi neuve ! La personne l’ayant achetée s’en était servie 2 fois, et depuis, elle était au fond de son carton…. Tu le crois ça ? Une pauvre machine seule, abandonnée, qui ne demandait qu’à être utilisée ! Qui ne demandait qu’à trouver une copine de couture…  Je suis très contente de ma machine. Elle fait tout ce que je lui demande, même les épaisseurs ! A condition d’aller doucement aussi…

Comment régler sa surjeteuse ?

Comme beaucoup de gens de ma génération, je suis une facebook addict je fais partie de plusieurs groupes de couture, et je vois souvent des personnes en détresses car elles n’arrivent pas à dompter leur machine.

On ne parlera pas des gens qui se contentent, d’un air dédaigneux, de les renvoyer vers leur manuel…. 

Alors je vais t’expliquer la méthode que l’on ma montré pour régler ma surjeteuse.

C’est une méthode très scolaire, mais qui fonctionne avec tous les tissus, et avec toutes les surjeteuses.

Il faut que tu saches que la tension des fils dépend de 3 paramètres:

  • de la nature du point (surjet, roulotté, flatlock)
  • de la qualité des fils
  • de la matière à surjeter (épaisseur, élasticité, nature)

A chaque fois que tu changeras l’un des paramètres, il faudra re-faire la méthode.

Cette technique c’est celle des « cartes de tissus« , qu’on appelle aussi fabricmap.

Pour commencer, je te conseille d’utiliser 4 bobines de couleurs différentes. Idéalement, des bobines correspondantes aux couleurs de ta surjeteuse. Dans mon cas, j’utilise du rouge, du jaune, du vert et du bleu ! Attention : ces 4 bobines doivent être de la même qualité que celles que tu utiliseras sur ton vêtement ! 

La méthode consiste à trouver le réglage de chaque fil, un par un !

Pour cela, on va découper 4 morceaux de tissus (4 fois dans le même tissus ) de 4 x 36 cm. Tu peux découper un gabarit en carton pour que ce soit plus facile pour toi.

Ensuite, tous les 4 cm tu vas faire un trait horizontal. Tu obtiens alors 9 cases sur ton tissu. Ces 9 cases représentent les 9 valeurs de tensions possibles !

On règle ensuite toutes les valeurs de tension sur 4.

Pourquoi sur 4 ? Les tensions disponibles vont de 1 à 9, la tension moyenne est alors 4,5. Lorsque j’ai appris à régler ma surjeteuse, on m’a expliqué qu’en mettant les tensions sur 4 pour les fabricmap, le surjet que l’on réalisera sera assez lisible pour trouver le bon réglage. Je m’explique :

Si l’on mettait tous les réglages sur 1, tout serait trop lâche. Et si l’on mettait tout sur 9, au contraire tout serait beaucoup trop serré. Si tu veux t’en convaincre, fais un test ! 

DSCN1806

Place ton premier morceau de tissu sous le pied presseur, et utilises le volant pour y planter les aiguilles.

 On va régler la tension du fil rouge. Chez moi, et je pense que c’est le cas sur la plupart des machines, c’est le boucleur supérieur.

Petite info (allez c’est cadeau !) je règle toujours mes fils dans l’ordre d’enfilage. On me l’a apprit comme ça, et j’ai gardé le reflex… C’est bête non ? Parce qu’en soit, ça ne changerait pas grand chose de commencer par le jaune ou par le bleu ;)…

{ Pour cela, place la tension du fil rouge sur la valeur 1.

DSCN1808

Surjette ensuite jusqu’au premier trait, et change la valeur de tension sur la valeur 2.

dscn1809.jpg

Surjette ensuite jusqu’au deuxième trait, et change la valeur de tension sur la valeur 3.

DSCN1810

Continue ainsi de suite jusqu’à arriver à la tension 9 dans ton dernier rectangle ! }

Il faut que tu recommences ce qui est entre les { } pour les 3 autres fils. A chaque fois, toutes les tensions sont réglées sur 4, SAUF celle dont tu es en train de faire la fabricmap ! Jusque là, c’est facile non ?

Tu obtiens donc 4 fabric map :

  • celle de l’aiguille de gauche
  • celle de l’aiguille de droite
  • celle du boucleur supérieur
  • celle du boucleur inférieur

FabricMap.png

Maintenant, il va falloir regarder UN seul fil par fabric map. Et tu vas comprendre pourquoi il était judicieux de respecter le code couleur…

  • sur la fabricmap du boucleur supérieur, tu ne dois regarder que le fil rouge

Il faut que les boucles rouges apparaissent uniquement sur l’endroit de ton travail. Elles doivent aller jusqu’au bord du tissu.

boucleurSupEndroit.png

On doit à peine voir les boucles sur l’envers,

boucleurSupEnvers.png

  • sur la fabricmap du boucleur inférieur, tu ne dois regarder que le fil jaune

Il faut que les boucles jaunes apparaissent uniquement sur l’envers de ton travail. Elles doivent aller jusqu’au bord du tissu.

boucleurInfEnvers.png

On doit à peine voir les boucles sur l’endroit.

boucleurInfEndroit.png

 

  • sur la fabricmap de l’aiguille gauche, tu ne dois regarder que le fil bleu

Il faut voir un joli point droit sur l’endroit de ton travail (comme à la machine à coudre).

filGaucheEndroit

Tandis qu’à l’arrière, on doit observer à peine un point. En aucun cas, ton tissu ne doit être froncé.

filGaucheEnvers

  • sur la fabricmap de l‘aiguille de droite, tu ne dois regarder que le fil vert

il faut voir un joli point droit sur l’endroit de ton travail (comme à la machine à coudre).

fildroitEndroit

Tandis qu’à l’arrière, on doit observer à peine un point. En aucun cas, ton tissu ne doit être froncé.

filDroitEnvers

Prend ton temps et regarde attentivement chaque case de chaque fabricmap. L’endroit et l’envers. Il y a forcément une case où le réglage est parfaitSi, il y en a forcément une, je te l’assure. Coche cette case !

Le réglage final correspond donc aux valeurs de tension que tu as coché pour chaque fils ! Tu vois, c’est pas si compliqué de trouver la bonne tension 😉

Je te montre d’autres fabric map que j’ai fait. Il s’agit d’un surjet 3 fils, pour un jersey poilu ! J’ai surjeté les deux côtés de mes fabricmap pour réaliser les 2 surjets possibles. Le surjet large en utilisant l’aiguille de gauche, et le surjet étroit en utilisant l’aiguille de droite.

DSCN1849.JPG

Je ne t’ai pas mis le détail en gros plan. Mais mes réglages obtenus sont les suivants :

  • surjet 3 fils large, c’est à dire en utilisant l’aiguille de gauche (= le côté gauche de mes fabricmap) : 5 – Ø – 55
  • surjet 3 fils étroit, c’est à  dire en utilisant l’aiguille de droite (= le côté droit de mes fabricmap) : Ø – 577

Tu remarques que mes tensions pour les boucleurs sont différents, alors que je n’ai pas changé de tissus ni de fils… La tension est plus élevée pour réaliser le surjet étroit, et si on réfléchit un peu, c’est assez normal. En effet, pour réaliser le surjet large, l’aiguille étant plus éloignée du bord, les fils des boucleurs sont amenés à faire une plus grande distance, il sont plus tirés. Il faut donc une tension moindre pour tendre ces fils.

Evidemment, il n’est pas obligatoire de le faire pour chaque tissu ! Moi je garde mes fabricmap et je compare mon « nouveau tissu » à ceux que j’ai déjà utilisé avant. Histoire de voir si j’ai déjà travaillé un tissu similaire par le passé, et donc, si j’ai déjà les réglages de fait ! Je n’aime pas travailler inutilement…

Pour rentabiliser mes fabric map, j’utilise aussi les deux bords de mon gabarit ! J’utilise les deux épaisseurs d’un côté pour faire un surjet 4 fils, et j’utilise une seule épaisseur de l’autre côté pour faire un surjet 4 fils.

Dernière petite astuce !

Maintenant que tu as trouvé tes réglages, tu va vouloir utiliser d’autres coloris. Les couleurs de bases ne sont pas très harmonieuse…

Il y a deux écoles :

  • la première : on renfile tous les fils. C’est la méthode classique, et c’est celle que je fais. Enfiler une surjeteuse n’est pas si compliqué qu’on le pense 😉
  • la seconde : on coupe les fils au niveau des bobine, on fait un noeud avec les nouveaux fils et on renfile uniquement les fils des aiguilles. On mets toutes les tensions à 0 et on va utiliser le volant de la machine pour tirer les fils doucement. J’ai appris dernièrement que cette méthode pouvait abîmer la machine, notamment au niveau des boucleurs, qui pourraient se tordre. Je vous conseille donc vivement de vous entraîner à enfiler votre machine, se serait dommage de l’abîmer….

J’espère que cet article vous a plu ! Et qu’il vous servira dans votre apprentissage de la surjeteuse !!

En tout cas, n’hésitez pas à partager mon article autour de vous ! Aux débutants, aux confirmés, ou à celles et ceux qui pensent que c’est une machine compliquée !

 

Le sac seau – tuto inside !

Mes tutos

Il est enfin prêt ! Depuis le temps que je te poste des photos sur Instagram, tu l’attendais avec impatience, n’est-ce pas ?

Eh bien le voici  : le tuto du sac seau (aussi appelé sac bourse, sac boule etc) ! Avec en avant première, mon superbe jacquard français, dont je suis totalement dingue ! Tu le reconnais ? C’est celui de mon mon sac week-end ! Je vais utiliser toutes les chutes possibles, j’aime trop trop trop ce motif !

Il faut que tu saches que c’est une base de sac. Mais je l’ai fait au plus simple, afin que tu puisses faire les améliorations que tu souhaites !

Fournitures

fournituresSacSeau

Je m’excuse d’avance pour le tuto en mode « schémas », car je ne pensais pas que tu serais intéressée pour le faire. J’ai essayé d’être le plus claire possible ! Mais si une étape te poses problème, laisse un commentaire !

Montage du sac extérieur

Etape 1 : avec le tissu ethnique et les deux bandes de simili cuir (8×79 et 14×79) on va former l’extérieur du sac.

  • On pose la plus petite bande de simili cuir sur le bas du tissu ethnique, endroit contre endroit. On vient coudre à 1 cm du bord.
  • On pose la plus large bande de simili cuir, à 4 cm du bord. On vient coudre à 5 cm du bord (donc a 1cm du bord du simili).

1

Etape 2 : comme pour une couture standard, il faut ouvrir les coutures. Sauf que… c’est du simili. Donc du plastique. Et la semelle de ton fer à repasser n’aime pas le plastique (sisi, je t’assure que c’est vrai !). Alors pour ouvrir les coutures, tu vas mettre un tissu entre le simili et ton fer à repasser (de préférence un tissu épais). Et tu vas repasser doucement pour ouvrir les coutures. Augmente progressivement la température de ton fer, n’utilise pas de suite la vapeur car tu risquerais de faire fondre le simili. Tout dépend s’il est épais ou très fin….

Et maintenant que les coutures sont ouvertes, on va surpiquer ! Alors pour la distance, c’est toi qui voit, moi je l’ai fait à 2 mm. Tu peux faire une couture au point droit, ou un point décoratif. Au choix !

2.png

Petite astuce pour coudre du simili !

Il est très probable que tu rencontres un problème technique lors de cette surpiqure : le simili va « coller » au pied, n’avancera pas, le point ne sera pas joli…. Alors avant de t’énerver, tu peux soit utiliser un pied teflon, soit mettre un bout de scotch sous ton pied classique ! 

Etape 3 : tu vas préparer les passe-sangles avec les 2 morceaux de 5×8 cm, en pliant comme sur le schéma suivant :

3-5

Tu vas les positionner à 19,8cm de chaque bord, à peu près au milieu. Comme cela :

3-7.png

Et tu vas réaliser une piqure en croix, afin de les maintenir :

3-6

Etape 4 : il faut former le sac. Donc tu vas replier ton joli rectangle endroit contre endroit, et réaliser une couture droite à 1,5 cm du bord ! Fait attention de bien faire correspondre les bandes pour les raccords !

3.png

 

Etape 5 : il faut maintenant mettre le fond de sac ! Et pour moi, c’est l’étape la plus délicate…. Car il faut placer un fond circulaire. Mais rien n’est insurmontable ! Il faut juste prendre le temps de bien placer l’endroit du fond du sac contre l’endroit du « cylindre » que tu viens de former ! N’hésites pas à mettre beaaaaaucoup de pinces / d’épingles. Tu ne devrais pas avoir trop d’embus. Et si jamais tu rencontres trop de difficultés, tu peux cranter le sac, mais PAS le fond de sac 😉  Fais ta couture à 1,5cm !

4.png

Montage de la doublure

Pour mon prototype, je n’ai pas réalisé de poche intérieure.  Mais si tu veux ajouter une poche passepoilée, une poche zippée, ou des compartiments, c’est sur le rectangle de la doublure qu’il faut que tu l’ajoutes ! Si tu veux faire des ajouts, c’est maintenant ! après se ne sera plus possible 😉

Etape 1 : on va former l’intérieur. Donc tu vas replier ton joli rectangle de doublure, endroit contre endroit, et réaliser une couture droite à 1,5 cm du bord !

5

Etape 2 : on rajoute le fond de sac ! Comme pour le fond du sac extérieur, c’est la même méthode ! Ici, ça devrait être plus facile, car une doublure en coton est beaucoup plus souple que du simili. Fais ta couture à 1,5cm !

6

Assemblage du sac

Tu as fais le plus dur ! Il ne te reste qu’à bâtir la doublure contre le bord supérieur du tissu ethnique.  Ensuite, à l’aider de ton fer à repasser, tu réalises deux plis : l’un à 1 cm et l’autre à 4 cm du bord du simili, vers l’intérieur. Depuis toute à l’heure, la semelle du fer n’est pas devenue copine avec le simili, alors utilise un tissu de « protection » 😉

8.png

 

Il ne te reste plus qu’à positionner le premier pli contre le fil de bâti, et de coudre le simili contre la doublure ! Ensuite, tu peux faire une couture décorative à quelque millimètre du deuxième pli, mais ça, c’est comme tu préfères.

9

Pose des oeillets, du cordon et des sangles

Il ne te reste plus qu’à poser les oeillets sur la partie supérieure du simili, entre les deux dernières couture que tu viens de faire.  Le conseil que je peux te donner, c’est d’utiliser du scotch de masquage (tu vois, celui qu’on utilise en peinture ?) et de marquer au stylo, les emplacements des oeillets.

10

Combien mettre d’oeillets ? Je dirais que c’est une histoire de goût. Personnellement, j’en ai mis 8, de 11mm de diamètre. Mais après, tu peux en mettre 10 ou 6. Pour te décider, je te conseille de plier le sac comme tu voudrais qu’il soit, et regarde combien de plis tu préfères avoir ! Ensuite, il ne te reste plus qu’à utiliser ta règle pour positionner les oeillets à égale distance, et le tour est joué !

Une fois tes oeillets posés, tu n’as qu’à plus qu’à passer le cordon à travers. Et fixer la sangle comme bon te semble !

Malheureusement, je n’ai pas encore reçu ma sangle et mon cordon à l’heure où je publie cet article…. Alors je ne peux pas te montrer le sac terminé. Mais promis, je fais l’update dès que la commande arrive !

Mais comme je suis sympa, voici un croquis de ce à quoi devrais ressembler mon sac. On ne critique pas mes talents de dessinatrice….

croquis sac